La-Tribune Economique (La relance de l’économie tunisienne) – « La Tunisie dispose de tous les atouts nécessaires lui permettant de reprendre son élan de croissance », a souligné le département des études et de la documentation de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dans un document intitulé « La Tunisie à la croisée des chemins : grands défis et clés de sortie de crise.
En effet, la Tunisie dispose d’une position géographique stratégique, de ressources humaines qualifiées et d’infrastructures jugées acceptables outre son ouverture sur les marchés européens et africains, explique l’UGTT signalant toutefois que la valorisation de ces atouts nécessite une volonté claire, un dialogue national responsable et une vision économique à long terme fondée sur la confiance, l’investissement et la promotion de la productivité.
L’accent est également mis sur la nécessité de préserver les libertés publiques et individuelles ainsi que les droits économiques et sociaux.
Selon le document, l’économie tunisienne est confrontée à des difficultés structurelles touchant les fondements mêmes du modèle économique.
Parmi les principaux défis figurent la situation des finances publiques, l’énergie, l’inflation, la faiblesse de la croissance et le recul de l’investissement.
L’UGTT relève que l’endettement public, qui dépasse 82 % du produit intérieur brut, conjugué à la persistance du déficit budgétaire, constitue l’un des principaux facteurs de fragilité.
Le document explique que le poids croissant du service de la dette accapare une grande partie du budget de l’État, et le blocage des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) limite l’accès à des financements extérieurs avantageux et accroît le recours à l’emprunt intérieur ce qui augmente la pression sur la liquidité et l’investissement privé.
Le document met également en garde contre la faiblesse du rythme de croissance, insuffisant pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail, réduire le chômage et atténuer les disparités sociales.
Sur le plan énergétique, il note que la Tunisie est progressivement passée d’une situation proche de l’autosuffisance à une dépendance accrue aux importations de pétrole et de gaz, ce qui alourdit la facture extérieure et accentue la vulnérabilité aux fluctuations des prix internationaux.
Concernant le secteur électrique, l’UGTT souligne la hausse continue de la demande, alors que les réseaux et les capacités de production nécessitent d’importants investissements de modernisation et d’extension déplorant le retard enregistré dans la réalisation des projets d’énergies renouvelables.
Le document évoque par ailleurs la persistance de l’inflation, la fuite des compétences, le chômage ainsi que les défis liés à la sécurité hydrique et au changement climatique.
Pour y faire face, l’organisation souligne la nécessité de prioriser l’investissement productif, l’économie numérique, les énergies renouvelables, les industries à forte valeur ajoutée et l’innovation.
Elle appelle aussi à une réforme fiscale élargissant l’assiette de l’impôt et réduisant l’économie informelle.
En outre, l’UGTT considère que le dialogue social demeure un levier essentiel pour la réussite des réformes majeures, notamment celles relatives aux subventions, aux entreprises publiques et au système fiscal, estimant qu’elles ne pourront aboutir sans un large consensus entre le gouvernement, les partenaires sociaux et la société civile.
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