La-Tribune Economique (Secteur du leasing by MAC SA) – Dans une note d’analyse prospective, l’intermédiaire en Bourse MAC SA dresse le portrait d’un secteur du leasing à la croisée des chemins. Si les indicateurs de rentabilité affichent une solidité relative, l’industrie doit désormais naviguer entre durcissement monétaire, transition écologique et diversification des sources de financement pour maintenir son rôle de moteur du financement des PME.
Le leasing tunisien s’apprête à clore un cycle pour en ouvrir un autre, marqué par des défis structurels de taille. Selon l’analyse de MAC SA, le secteur, bien que résilient, subit de plein fouet les ondes de choc d’un environnement macroéconomique complexe. Pour 2026, l’enjeu ne sera plus seulement la croissance des mises en force, mais la capacité des opérateurs à transformer leur modèle économique face à la raréfaction des ressources bon marché.
Une rentabilité préservée malgré un coût du risque sous surveillance
Cependant, le coût du risque demeure le point de vigilance majeur. Dans un contexte de pression sur la trésorerie des entreprises, la qualité des actifs est scrutée de près. L’horizon 2026 impose aux acteurs du secteur une accélération de la transformation digitale de leurs processus de recouvrement et une anticipation accrue des défauts de paiement via des outils de scoring de nouvelle génération.
[Image du mécanisme de fonctionnement du crédit-bail (leasing) et flux financiers entre bailleur et preneur]
Le défi du refinancement : Sortir de la dépendance bancaire
L’un des principaux enseignements de l’analyse concerne la structure du passif des sociétés de leasing. Traditionnellement dépendantes des lignes de crédit bancaires et des emprunts obligataires, ces institutions font face à un renchérissement du coût de l’argent.
Pour 2026, la stratégie de survie et de développement passera par une diversification des sources de financement. MAC SA souligne l’importance croissante des lignes de crédit extérieures (projets de bailleurs de fonds internationaux comme la BAD ou la BEI) qui offrent des conditions plus avantageuses et, surtout, des maturités plus longues, mieux adaptées à la nature des contrats de leasing.
Le « Leasing Vert » : Le nouveau relais de croissance
L’avenir du secteur se jouera également sur le terrain de la durabilité. L’analyse projette que d’ici 2026, le « Green Leasing » ne sera plus une niche mais une nécessité stratégique.
- Transition énergétique : Financement de parcs photovoltaïques pour les entreprises industrielles.
- Mobilité propre : Accompagnement de la mutation des flottes automobiles vers l’hybride et l’électrique.
- Économie circulaire : Modernisation de l’outil de production pour une meilleure efficacité énergétique.
Les bailleurs de fonds internationaux conditionnent d’ailleurs de plus en plus leurs lignes de financement à des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) stricts, poussant les leaseurs tunisiens à verdir leur portefeuille.
Consolidation et digitalisation : Les deux piliers de 2026
Enfin, MAC SA anticipe un mouvement de consolidation ou, à défaut, de spécialisation accrue. Face à une concurrence frontale avec le secteur bancaire classique, le leasing doit faire valoir son agilité.
La digitalisation complète du parcours client — de l’octroi en ligne au suivi des contrats — est présentée comme le levier indispensable pour réduire les charges opératoires et améliorer l’expérience client. À l’horizon 2026, la capacité à offrir des solutions de « Leasing as a Service » pourrait bien différencier les leaders du marché des acteurs en perte de vitesse.
En definitif, si le secteur du leasing en Tunisie dispose de fondamentaux solides, son passage vers 2026 exige une mutation profonde. Entre gestion prudente du risque et audace dans le financement de la transition écologique, les opérateurs devront faire preuve d’une agilité renouvelée pour rester le partenaire privilégié de la PME tunisienne.







































