Golf : Le n° 3 mondial Jon Rahm rejoint le LIV pour un montant record évalué entre 420 et 550 millions d’euros

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La-Tribune Economique (Jon Rahm) – Le secret le moins bien gardé du golf mondial actuel a été levé dans la nuit de jeudi à vendredi aux États-Unis par l’officialisation du transfert de l’Espagnol Jon Rahm, tenant du titre au Masters, vers le LIV, le circuit saoudien, pour une somme astronomique, évaluée entre 450 et 600 millions de dollars (420 et 550 millions d’euros).

Ce transfert d’un des plus beaux talents du golf actuel, n° 3 mondial et vainqueur de 2 Majeurs (US Open 2021 et Masters 2023) était un secret de polichinelle depuis les premières rumeurs apparues à la suite du DP World Tour Championship à Dubaï fin novembre. Il fait néanmoins l’effet d’une bombe dans un sport secoué depuis dix-huit mois par le conflit opposant les circuits traditionnels (PGA Tour et DP World Tour) à la ligue née en juin 2022 grâce aux fonds saoudiens sans limite.
En signant pour le LIV, l’Espagnol rejoint d’autres poids lourds du jeu, Dustin Johnson, Brooks Koepka, Bryson DeChambeau ou encore Cameron Smith. Mais surtout le Basque tourne le dos à ses principes qu’il martelait encore haut et fort lors du dernier US Open à Los Angeles en juin. « Pour moi, jouer en shot gun (tous les joueurs répartis sur les 18 trous d’un parcours partant en même temps) pendant 3 jours et sans cut, ce n’est pas un tournoi de golf, disait-il encore. Je veux jouer contre les meilleurs du monde dans un format qui existe depuis des centaines d’années. Mon mode de vie changerait-il si je touchais 400 millions de dollars ? Pas du tout. »

Invité sur le plateau de FOX news, une chaîne de télévision nationale aux États-Unis, Jon Rahm, qui avait troqué sa veste verte du Masters pour un blouson aux couleurs du LIV, a justifié son changement d’avis ainsi : « Ces deux dernières années, le golf a beaucoup évolué, n’est-ce pas ? Les choses ont beaucoup changé et moi aussi… Voir la croissance, l’évolution et l’innovation du LIV Golf est quelque chose qui a vraiment attiré mon attention. C’est pourquoi j’en suis là aujourd’hui. (…) L’argent a été l’une des raisons. Cette décision a été prise pour ce que je pensais être le mieux pour moi, ne vous méprenez pas. C’est une bonne affaire. J’avais une très bonne offre devant moi, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je l’ai acceptée… »

Il veut garder son statut sur le PGA Tour

Au-delà des sommes astronomiques en jeu, la proximité de Rahm avec le clan Mickelson n’est pas étrangère à ce revirement. Si Phil fut un des tout premiers ambassadeurs du circuit dissident saoudien, Tim, son frère, a été le coach et l’agent de l’Espagnol qui va rejoindre son compatriote Sergio Garcia dans sa nouvelle aventure tout en espérant ne pas couper les ponts avec le PGA Tour dont il n’a toujours dit que du bien. « Je peux dire que je veux conserver mon statut sur le PGA Tour et le DP World, a-t-il déclaré. Je n’y renoncerai pas et j’espère qu’avec la liberté que m’offre LIV Golf, je pourrai jouer sur ces deux circuits. J’ai déjà dit à quel point l’Open d’Espagne était important pour moi, je veux toujours le jouer tant que mon emploi du temps me le permet. Donc si c’est possible, on va voir ce qu’on peut faire. »

Jon Rahm et Phil Mickelson lors du dernier British Open en juillet dernier. (Kyle Terada/USA TODAY SPORTS/Presse Sports)
Rahm compte ainsi sur le rapprochement annoncé en juin entre le LIV et le PGA Tour afin que les sanctions visant les joueurs dissidents soient levées. Sauf que les tractations entre les deux organisations traînent en longueur et à ce jour aucun des joueurs de la ligue saoudienne n’est autorisé à compléter son calendrier (qui compte 14 épreuves) en jouant sur les circuits européens et américains afin, notamment, d’inscrire des points au classement mondial puisque celui-ci ne reconnaît toujours pas le LIV.

« J’aimerais penser que la Ryder Cup représente autant pour eux (les joueurs qui partent sur le LIV) que pour moi. Peut-être que c’est le cas. Mais en sachant quelles pourraient être les conséquences, je ne pourrais jamais prendre cette décision. Je croyais qu’ils pensaient la même chose. »

Se pose également la question de la Ryder Cup, si chère à Rahm et dont il pourrait être privé à l’avenir si la situation actuelle perdurait. « Jon sera à Bethpage (New York) en 2025 : suite à cette décision, le Tour européen va devoir réécrire les règles d’éligibilité en Ryder Cup, a tranché Rory McIlroy en réagissant avec une pointe d’amertume au départ de celui qui est bien plus qu’un coéquipier de l’équipe européenne. Cela va me manquer de ne plus avoir à me mesurer à lui semaine après semaine. C’est un si bon joueur, il a tellement de talent. Il est tellement tenace et c’est un excellent coéquipier de Ryder Cup. Je n’ai que du bien à dire de Jon. Je respecte énormément le golfeur qu’il est. Il semble vouloir vivre sa vie de la bonne manière. Il veut être un bon père, un bon mari. On ne peut pas juger quelqu’un qui prend une décision qui est la meilleure pour lui. J’aimerais penser que la Ryder Cup représente autant pour eux (les joueurs qui partent sur le LIV) que pour moi. Peut-être que c’est le cas. Mais en sachant quelles pourraient être les conséquences, je ne pourrais jamais prendre cette décision. Je croyais qu’ils pensaient la même chose. »

Dans le camp des « LIVeurs », DeChambeau a salué l’arrivée de celui qui lui a succédé au palmarès de l’US Open en 2021 en twittant : « Je suis très heureux pour lui et sa famille. J’ai hâte de me mesurer à toi une fois de plus mec de continuer à jouer avec les meilleurs joueurs du monde. »

La fuite des talents, qui pourrait voir également Patrick Cantlay ou Xander Schaufele emboîter prochainement le pas de Rahm, n’est sans doute pas terminée.

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