Electrostar s’enlise dans la crise, et ses banquiers lui refusent la bise

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La-Tribune Economique (Electrostar) – La société Electrostar a réalisé durant le troisième trimestre 2022 un chiffre d’affaires d’à peine plus de six mille DT, incroyable pour une entreprise industrielle, tant il ne dépasserait pas le prix d’un réfrigérateur et d’une télé intelligente, comme en faisait le commentaire un Facebookeur qui suit les résultats de cette entreprise cotée sur la bourse de Tunis, où son action ne valait même pas 0,5 DT selon ce qu’afficha l’intermédiaire boursier Mac Sa.

Un chiffre d’affaires de 6.077 DT contre un chiffre d’affaires de 257.784 DT réalisé durant le troisième trimestre 2021 enregistrant ainsi une baisse de 98 % « due à l’absence totale et prolongée de lignes de crédit de gestion ». Par conséquent, le chiffre d’affaires cumulé au 30 septembre 2022 enregistre ainsi une baisse de 92% par rapport à celui réalisé à la même période de l’année dernière, baisse expliquée par les mêmes raisons citées précédemment. Il est à noter que le retard enregistré dans l’octroi des lignes de crédit de gestion par les banques et notamment les lignes d’engagements par signature (accréditifs, crédits documentaires, obligations cautionnées etc.) a fortement pénalisé la société Electrostar et sa capacité de résilience, ceci sans oublier un contexte économique actuel qui est extrêmement difficile. Ainsi parlait un communiqué de l’entreprise, rejetant implicitement toutes les fautes sur ses banquiers.

  • Le lourd poids de la dette bancaire, où le CT asphyxie l’activité

Les engagements bancaires de l’entreprise de Fethi Hachicha au 30 septembre 2022 se sont élevés à plus de 116, 863 MDT (Ndlr : Pour un capital de 20,575 MDT et un total de l’actif de 55,514 MDT à fin 2021) contre 107, 705 MDT à la même période de l’exercice 2021, soit une aggravation de 9 %. Le management l’explique par « une augmentation des impayés financiers et commerciaux et des agios débiteurs répercutés sur les débits en compte ».

Ceci étant, il y a lieu de préciser que ces engagements sont essentiellement des crédits à court terme (63,460.714 MDT) et qui ont été en grave hausse de 46 % par rapport au 30 septembre 2021 « due particulièrement à l’augmentation des impayés financiers, des impayés commerciaux et du découvert bancaire », explique encore le management d’Electrostar. Et c’est ensuite, des crédits à moyen terme de plus de 53, 315.5 MDT, soit une baisse de 12% par rapport au 30 septembre 2021, « expliquée par l’affectation des échéances impayées dans les crédits à court terme », alors que cela devrait être le contraire dans une situation financière plus saine qui chercherait à se donner un souffle d’air par la conversion du court terme en moyen et long terme, et abouti comme il est démontré par les indicateurs de l’entreprise à asphyxier l’entreprise.

C’est ensuite des engagements par signature d’un montant de 86.863 DT, soit une baisse de 97 % par rapport au 30 septembre 2021, « et cette aggravation est liée à la baisse significative enregistrée dans l’activité de l’entreprise ». En face, c’est une rubrique « Escompte commercial & Avances sur factures » à zéro Dinar, « expliquée surtout par la baisse vertigineuse du chiffre d’affaires ».

  • Hachicha traînerait le pas pour l’effort financier propre qui sauvera Electrostar

La société a signé en septembre 2020 un protocole d’accord pour la restructuration de ses dettes bancaires et la consolidation de sa situation financière avec le pool bancaire composé de la BNA, BIAT, BTE et STB. Le plan de redressement convenu devait se déployer en trois phases. D’abord, à travers un effort du groupe Hachicha pour une augmentation du capital de la société Electrostar par le biais de la cession d’actifs immobiliers non nécessaires à l’exploitation.

Ensuite par un redimensionnement de la dette à travers une conversion d’une partie de la dette bancaire en capital et compte courant actionnaires, et la consolidation des dettes moyennant la mise en place de crédit à moyen et long terme sur une période de 15 ans dont deux années de grâce en principal et une année en intérêt.

Et enfin, l’octroi de nouvelles lignes de gestion à obtenir auprès du pool bancaire. Or, il semblerait selon des sources proches du dossier, que l’accord de Hachicha avec le pool bancaire, serait en voie de tomber dans l’eau.

Nos sources font en effet état du fait que le propriétaire traînerait encore le pas pour l’exécution du point principal de l’accord, qui est l’effort financier en cash du groupe Hachicha et qui serait de 18 MDT, condition pour que le pool bancaire suive et lui injecte autant. Un groupe de 6 importantes entreprises.

En janvier dernier, l’entreprise disait vouloir « rassurer ses actionnaires quant aux perspectives d’évolution positive de son activité durant l’année 2022, année qui sera marquée par la mise en application effective des termes du protocole d’accord (et de son avenant) signé avec un pool bancaire et dont l’objet principal est de restructurer les dettes ».  2022 est déjà sur la fin, et les difficultés d’Electrostar l’embourbent chaque trimestre encore plus. Cela, sans oublier les effets du redressement fiscal de plus 6,446 MDT toujours en justice qui avait déjà rejeté l’appel interjeté par l’entreprise.

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